Mon serveur Unraid : le couteau suisse du self-hosting (et mon deuxieme cerveau)
Tout a commencé avec un abonnement Google One qui augmentait. Puis Dropbox. Puis Office 365. Puis Adobe. Puis Spotify. Puis Netflix. Puis… vous voyez le tableau. À un moment, j’ai regardé le total mensuel et je me suis dit : “Et si je reprenais le contrôle ?”
C’est là qu’Unraid est entré dans ma vie. Un OS pour serveur NAS qui fait aussi tourner des containers Docker, des VMs, du monitoring, et qui accepte des disques de tailles différentes sans râler. Le rêve.
Pourquoi Unraid plutôt que TrueNAS ou Proxmox ?
J’ai tout essayé avant d’atterrir sur Unraid. TrueNAS est excellent mais il veut des disques identiques pour son ZFS (bon courage pour trouver des 4 To en 2026). Proxmox est un hyperviseur pur, pas pensé pour le stockage. Unraid fait les deux :
- Gestion des disques à la carte : un disque de 8 To, deux de 4 To, un SSD de 500 Go ? Pas de problème. Un disque de parité protège le tout.
- Docker natif : l’interface Community Apps permet d’installer n’importe quel container en deux clics
- KVM intégré : si un truc doit tourner dans une VM, c’est possible
- Cache SSD : pour accélérer les accès fréquents sans mettre tous les disques en rotation
Ce qui tourne dessus
Mon serveur, c’est un peu le central nerveux de la maison. En vrac :
- Un site WordPress (Mon Pedro)
- Un blog PluXml (Blablalog)
- Grafana + InfluxDB — toutes les métriques du serveur en temps réel
- Prometheus — alerte si un disque chauffe ou si le CPU s’emballe
- Umami — analytics léger, auto-hébergé, sans Google
- OneDev — hébergement Git maison (pour le code de sevan.zone)
- Minio — stockage objet compatible S3
- Ollama — LLM local, parce que l’IA dans le cloud c’est bien, chez soi c’est mieux
- Open WebUI — interface ChatGPT-like branchée sur Ollama
- Nginx — le reverse proxy qui sert tout ce petit monde sur Internet
- Plez — pour la médiathèque familiale
- Fail2ban — parce que les bots russes ne dorment jamais
Le tout dans une tour posée dans le salon, qui tourne 24/7/365.
L’installation : plus simple que prévu
Unraid s’installe depuis une clé USB. Pas de disque système dédié — l’OS charge en RAM à chaque démarrage. L’interface web est réactive, la documentation est bonne, et la communauté est active. On configure les disques en 10 minutes, on installe les containers en 30 minutes, et on peaufine pendant 6 mois (parce que c’est ça, le self-hosting).
Ce que j’aurais aimé savoir avant
- Les disques de parité, c’est pas du backup — Un disk meurt ? Tu remplaces, tu rebuild. Mais une suppression accidentelle reste définitive. J’ai appris ça à mes dépens.
- Les caches SSD, ça s’use — Écrire les métriques Grafana toutes les 5 secondes sur le même SSD, c’est le moyen le plus rapide de le tuer prématurément.
- Docker simplifie tout — Avant, chaque service devait être compilé, configuré, maintenu. Avec Docker, c’est un fichier docker-compose et tout roule.
- Le monitoring est essentiel — Sans Grafana, je ne saurais pas que mon CPU tourne à 80% depuis trois jours à cause d’un container mal configuré.
- La connexion montante est le goulet d’étranglement — On a tous de la fibre descendante à 1 Gbps, mais la montante à 200 Mbps limite ce qu’on peut exposer sur Internet.
En résumé
Unraid n’est pas parfait (la licence est payante, le support de ZFS est récent et perfectible), mais c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé pour un serveur maison. Flexible, tolérant, et extensible à l’infini.
Si vous en avez marre de donner vos données aux GAFAM et que vous avez un vieux PC qui traîne, installez la version d’essai (30 jours, gratuite). Vous verrez, c’est addictif. Au bout d’une semaine, vous chercherez des excuses pour ajouter un deuxième serveur.